• À la recherche de la sortie

     

    Avant

    Le désir de changer de métier ne m'est pas tombé dessus le 1er novembre 2015. J'en parlais depuis quelques années mais je m'arrêtais rapidement dans la réflexion parce que celle-ci avait fait une boucle sur elle-même en quelques minutes, bloquée par la conviction que je ne savais rien faire d'autre - même si ma spécialisation en Anglais (et avec une licence de Traduction Littéraire en poche) semble m'ouvrir des dizaines de portes (le tourisme, le secrétariat, la traduction...) et m'a déjà offert l'opportunité de travailler pour un archéologue (traductions pour une exposition sur la civilisation maya), de faire la mono pendant une grosse quinzaine d'années pour des organismes de séjours linguistiques, d'aider un voisin créateur de sites web à traduire toute l'interface d'un site de vente aux enchères ou encore de créer tous les contenus du logiciel ludo-éducatif Adi Anglais Collège (version de 2000).

    Mais sinon, quoi ? Je tournais en rond et faisais peu de recherches, n'en parlais guère, jouais avec des idées qui se baladaient dans ma tête le temps d'une mauvaise journée au collège.

    De plus, je traînais toujours ce sentiment fortement ancré en moi depuis... longtemps de ne pas être compétente. Quoi, j'étais déjà une prof très moyenne, que pourrais-je espérer et faire de mieux ! Eeeeh oui, votre hôtesse a toujours manqué de confiance en elle et se fait même l'impression parfois d'une parfaite imposture ! Tout ce que j'entreprenais et terminais, je le terminais en sachant que j'aurais pu faire mieux ! C'est chiant, à la longue... Et ça n'aide pas beaucoup à envisager un avenir autre.

    À la recherche de la sortie -1

     

    Automne 2014

    Le besoin de faire autre chose commence à picoter sérieusement. Cette fois-ci, je cherche mieux, je réfléchis à mes compétences, à ce que j'aime faire, et à ce qui semblerait accessible en continuant d'enseigner. Se dégagent alors pour la première fois des compétences, des envies et des possibilités :
    - j'aime écrire, j'écris bien
    - je peux me montrer pugnace et persuasive
    - j'ai une assez bonne qualité d'écoute et d'empathie
    - j'ai besoin d'aider, de me sentir utile, aussi utile que lorsque j'enseigne (si si)
    - j'ai besoin de contacts, d'un métier qui me ferait partir un peu sur les routes
    - il vaudrait mieux éviter un travail qui me ferait passer un temps fou à l'ordinateur, j'y passe déjà trop d'heures chaque jour ! (exit l'idée de faire de la traduction, donc)

    De tout ça émerge une activité qui me plairait bien : écrivain public.

    Je fouine, me renseigne sur le web et opte pour une première formation au CNED, tout en angoissant un petit peu à l'idée de me lancer ensuite dans l'auto-entreprenariat.

    400 euros plus tard, je lis d'abord la partie du cours s'attachant à décrire le métier d'écrivain public sous tous ses aspects et découvre que j'en sais davantage que le document, dont certaines références remontent à 2001 alors que la profession a beaucoup évolué depuis ! Je suis furax, et, prise dans mon année scolaire où je fais 3 heures supp et ai repris le collier de Prof Principale avec un électron libre à gérer quotidiennement, j'oublie peu à peu que j'avais un projet.

    À la recherche de la sortie -1

    1 : Ça y'est, tu as une idée pour ton projet ? - Non, j'attends l'inspiration.
    2 : La créativité, ça ne se commande pas comme on ouvre un robinet, faut être dans les bonnes dispositions.
    3 : Quelles dispositions ? - La panique de dernière minute.

     

     

    26 novembre 2015 | Quitter l'enseignement ?Commenter (2) Retour aux articles récents


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 27 Novembre 2015 à 02:08

    Je ne savais pas qu'un écrivain pouvait être public. En fait, nous sommes de moins en moins publics...


    Tes opportunitées, nommées au début de l'article, sont riches et intéressantes. Je ne suis pas inquiet pour toi !

    2
    Vendredi 27 Novembre 2015 à 09:27

    Un écrivain public fait peu de bonne littérature, il aide les personnes en souffrance de la langue française à rédiger des courriers administratifs de toutes sortes ; il peut aussi être amené à aider des personnes à faire le récit de leur vie dans un livre qui sera édité pour leur famille, leurs proches. Les tâches sont variées et en fait, très... privées ^^.
    C'est une profession qui m'attire toujours beaucoup mais pour l'heure, je ne peux trop l'envisager.

    Je sais ta propre souffrance en tant que véritable écrivain. A chaque fois que tu évoques le pilonnage d'un de tes livres, je suis heurtée et en colère... Je me dis qu'il devrait exister une association qui rachèterait à moindre coût tout ou partie des livres programmés pour le pilonnage et les redistribuerait dans des bibliothèques ou aurait quelques librairies solidaires ouvertes dans le pays pour les diffuser, toujours à petits prix - dans mon idée, ce serait bien que l'auteur en bénéficie un minimum aussi. Ce serait mieux que trouver ton livre "Ce sera formidable !" sur Amazon ! (un coup de bol pour moi, soit dit en passant...)

    Des possibilités d'entrer dans un nouveau métier, j'en ai quelques unes, en effet, mais là n'est pas vraiment le problème. Le souci, en ce moment, c'est de voir comment y parvenir sans y perdre mes bobettes happy

    3
    Vendredi 27 Novembre 2015 à 18:20

    Oh, les bobettes à Lulette !


    Précision, à propos du pillonage. Quand un éditeur réalise qu'il y a mévente et que cet ouvrage encombre leur entrepôt, il y a, par contrat, deux solutions proposées à l'auteur : le pillonage, puis ce que tu racontes : vente à très bas prix dans des magasins à grande surface, ou distribution à des organismes. Dans ces derniers cas, l'auteur n'est pas payé.


    La plupart des auteurs préfèrent le pillonage, car la vente pour quelques sous a un aspect humiliant. De plus, les gens croient que le livre n'est pas bon pour être ainsi soldé pour si peu. Cela fait naître une mauvaise réputation, non méritée.


    Bonne chance dans tes démarches. Je vais suivre cette saga avec intérêt.

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