• Déclic final : quitter l'enseignement ? jour 1

     

    Déclic final

     

    Au préalable, pour ne pas revenir sur les raisons profondes de cette "démission" en gestation - j'aime mon métier, tous les moments en classe*, les élèves, la créativité qu'il me permet avec eux.
    mais...
    Je ne peux plus, mais alors vraiment plus, supporter tout ce qui y est périphérique* :
    - la pression de certains parents,
    - les réunions dont la fréquence va crescendo tandis que leur efficacité va diminuendo,
    - l'amoncellement des tâches que l'on nous demande sans bonification salariale,
    - les corrections de copies,
    - l'exigence de savoir gérer les dyslexiques, les dysgraphiques et autres dys- trop souvent sans aucune formation concrète,
    - l'auto-formation à des outils numériques qu'on nous impose,
    - les réformes qui s'empilent sans jamais en faire le bilan (puisqu'on change de ministre, quoi, tous les 3 ou 4 ans (tout juste un cycle de collège), le nouveau balayant l'ancien),
    - l'évolution de la société dont les pires aspects rentrent dans nos salles de classe sans prévenir (téléphones portables dont la confiscation te fait toujours craindre de  déclencher des crises d'épilepsie, Google qui fait le travail donné à la maison...),
    - le fait qu'on n'en finit jamais, jamais, de penser au travail... Quoique je fasse dans ma vie quotidienne (regarder un film, une série, un documentaire, me promener en ville, dans un musée ou un champ, lire un article, un livre, un poème, surfer sur le web en me laissant porter de clic en clic, discuter avec des amis ou sur un forum, cuisiner, chanter, écouter de la musique...) tout devient le possible contenu d'un cours - oh c'est bien, c'est sans doute la preuve à la fois d'une curiosité et d'une créativité intéressantes, mais je n'ai même pas envie de décrire la frustration parfois teintée de culpabilité de ne pas mener plus d'une idée sur 100 à terme.

    Tout ceci est minant.

    Ça suffit.

    * J'ai rendu à nouveau accessibles quelques anciens articles témoignant des bons et des moins bons moments dont je parle. La liste est dans la présentation de la rubrique Quitter l'enseignement ?

     

    Des moments de découragement assez angoissant, suffisamment au point de m'interroger de plus en plus sérieusement sur mon devenir dans le métier, il y en a eu d'autres, bien sûr. Mais depuis 2009/2010, ils sont de plus en plus fréquents, de plus en plus tôt dans l'année, et de plus en plus intenses. Puis...

    Toussaint 2015
    Je vais plutôt bien. Ma rentrée s'est bien passée, j'ai instauré de nouvelles "astuces" avec pour mot d'ordre quasi-inconscient (que je n'ai verbalisé que fin octobre en discutant avec mon amie Patricia, également prof) : "Pacte de non-agression envers moi-même".

    ♦ À l'entrée en classe, les élèves savent qu'ils disposent de quelques minutes (entre 2 et 5) de "liberté" : finir une discussion, ou un exercice d'anglais avec un camarade, emprunter ou rendre un livre dans la mini-bibliothèque que j'ai installée au fond de la classe, venir me faire part d'un oubli ou me poser une question, lire, dessiner, laisser passer une émotion négative suite au cours précédent (échec à un contrôle, punition, prise de bec avec le prof...).

    ♦ Puis je fais sonner doucement une clochette pour avertir que dans les secondes suivantes, je réclame leur attention. J'utilise cette clochette plusieurs fois par heure, dès que j'ai besoin de leur attention pleine et entière à l'issue d'un travail en groupe, ou pour signaler que l'évaluation prend fin, ou quand le niveau sonore dépasse le niveau raisonnable de celui de 6 groupes au travail.

    ♦ J'ai également assemblé les tables en îlots de 5 pour faciliter le travail de groupe.

    ♦ J'ai installé des trieurs, un par classe, pour que les élèves de retour d'une absence puissent récupérer les documents utilisés tel ou tel jour, sans que je les ai perdus entre-temps ou que cela interrompe le cours.

    ♦ J'ai mis des fournitures à leur disposition : trombones, gommes, crayons, stylos de couleur, règles, ciseaux, colle, Post-It... Ils savent qu'ils n'ont pas besoin de demander la permission pour aller se servir quand c'est nécessaire.

    ♦ J'ai créé un blog où chaque classe a accès à la leçon du jour sous forme audio, assortie de petits exercices audio d'apprentissage et d'auto-évaluation. C'est donc chaque soir ou presque que je me presse d'enregistrer ces petits fichiers, car non, je ne fais pas toujours de leçons strictement identiques d'une classe à l'autre d'un même niveau, notamment parce que certaines leçons se construisent sur les apports des élèves eux-mêmes durant le cours.

    ► Résultat : les élèves apprécient tout ce que j'ai mis en place, le blog a un très bon taux de fréquentation, et comme j'ai activé les statistiques pour chaque fichier audio depuis Archive-Host, où je les héberge, je sais qu'en gros, 85% des élèves s'en servent. Yo ! En classe, je n'ai presque plus ce sentiment d'être une grenade dégoupillée ou une sorcière prête à ricaner ou hurler... Non, franchement, ça va !

     

    Et puis durant les vacances de la Toussaint, tandis qu'approche le moment du retour en classe, je ne "bouge pas". Le dimanche soir, veille de la reprise, je m'affole un peu, mais j'ai l'habitude de travailler dans l'urgence, il semble même que je sois davantage performante. Je m'y colle, et je vis alors une sensation physique très déroutante, flippante, du cerveau vide. Dès que j'essaie de me concentrer sur mon travail, le cerveau se bloque. Rien. Rien. Pas envie, pas capable. Je me couche en me rassurant, après tout je ne travaille pas le lundi matin, je vais bien réussir à organiser tout ça !

    Que nenni... Enfin si, un peu. En fait, les cours de la semaine sont prêts, me reste à imprimer des trucs, ranger des papiers, vérifier ceci, cela.

    Migraine. Violente.

    Quand je vois le médecin le mardi, je ne me reconnais pas des masses. Je suis super agitée, la poitrine et la gorge serrée, je me sens vidée, crevée. Et je déclenche une nouvelle migraine en direct dans son cabinet.

    Après un premier arrêt d'une semaine, c'est pire. Il est très clair que je recommence une crise du métier et cette fois-ci c'est dit, je vais arrêter ! Mais j'ai juste l'impression d'être au pied d'un escalier de la taille de l'Everest. Et je suis vraiment déroutée de cette réaction que je ne contrôle pas alors que tout semblait avoir bien commencé !

    Déclic final

    Me voilà donc en arrêt jusqu'au 18 décembre pour me reposer, retrouver mes esprits, me calmer, et commencer de construire autre chose.

    Commence le parcours de "Qu'est-ce que je peux faire ?"

     

     

     

    23 novembre 2015 | Quitter l'enseignement ? | Commenter (10) Retour aux articles récents


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  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Novembre 2015 à 19:15

    Que dire ? Que je ne suis pas étonné ; que je vois des parcours similaires, dans le public ou dans le privé, trop souvent ; que hormis ceux qui sont directement concernés tout le monde semble s'en foutre ; que je crois que le phénomène est de plus en plus banal et chacun regarde ailleurs par crainte d'être contaminé ; que je ne suis pas certain que le retour aux 39 heures, le travail du dimanche, les ministres distants et méprisants ou les prochaines élections arrangent quoi que ce soit ; que je suis malade de voir que ce sont les moins impliqués, les moins motivés au travail qui s'en sortent le mieux... Ce système génère de la compétition, de la violence, des échecs, du stress, des frustrations... Le bonheur n'est sans doute pas au bout, malheureusement.

    Prends tes distances, sauve ta peau d'abord, et ensuite tu verras ce que tu peux encore faire pour les autres car c'est LA vraie source de bonheur.

    Bises 

      • Lundi 23 Novembre 2015 à 19:57

        Oui, écoeurant à force, tout ça, n'est-ce pas ? J'ai fait exprès de bien dire et montrer que je m'implique/m'impliquais dans mon boulot. T'sais quoi ? J'ai eu une très bonne note d'inspection, le maximum possible, mais pas suffisante pour passer à l'échelon supérieur, vu le retard accumulé à cause d'un corps d'inspection dépassé qui m'avait oubliée. Pas envie de faire la pute, alors je laisse faire, parce que tu comprends, y'a des règles strictes appuyées par des syndicats archaïques qui refusent la notion de mérite...

        On parle de la réforme ?
        Nan, vaut mieux pas... he

        Je hais mon administration, et je suis ravagée par un état, quel que soit les gouvernements récents et actuels, qui détruit l'éducation. Sous des belles phrases garantissant l'accès au savoir et à la pensée indépendante pour tous, on nous demande de fabrique de la masse bêlante et travailleuse, et encore, je doute sur le 2è, plutôt consommatrice la masse.

        Les attentats du 13 n'ont rien arrangé à mes visions sombres des sociétés modernes occidentales. J'ai plongé dans l'enfer de Facebook...

        Et si je me barrais en Afrique ou en Amérique du Sud ?
        Pfff, même pas.

        Bon ben je m'y attendais pas, mais me voilà colère ! intello

        Yep, ma peau...

        Merci Sparfell :)

    2
    Lundi 23 Novembre 2015 à 19:16

    Ton dessin illustre bien ce que tu peux faire, une marche à la fois !

    D'abord quitter l'enseignement, c'est à dire, avoir verbalisé le truc auprès de qui de droit, faire toutes les démarches nécessaires préalablement, le RV etc ...

    Dès que tu auras un pied dehors, tu vas te sentir soulagée, mieux, un peu euphorique : finalement, c'était pas si dur de partir...

    Et là, te concentrer sur ce que tu VEUX faire, et foncer.

    J'te tiens la main quand tu veux, tu sais ...

      • Lundi 23 Novembre 2015 à 20:00

        Quitter l'enseignement sera la dernière marche, là est le hic. J'en reparlerai bientôt dans un autre article, mais les options ne sont pas légion me concernant, à moins de retourner chez papa-maman pendant un an ou deux - ça va pas la tête ! ^^ J'explore, j'explore. Aujourd'hui, suis encore tombée des nues quand j'ai voulu prendre RV avec le médecin du rectorat, un truc de dingue... j'suis colère :)

        Merci pour ta présence, biZ :)

    3
    Mardi 24 Novembre 2015 à 00:15

    Moi chuis étonnée que tu aies tenu si longtemps !
    Je te souhaite bon courage pour la suite.
    Mais c'est vrai que là fô sauver ta peau, ta tête, ton bec, alouette !

      • Mardi 24 Novembre 2015 à 09:33

        J'ai peut-être tenu aussi longtemps parce que j'aime vraiment vraiment le relationnel avec les élèves, même les plus casse-pieds parfois, et que je crois pouvoir dire que je m'en sors très bien de ce côté-là. Ce n'est hélas plus suffisant.

        Vous êtes deux à me parler de "sauver ma peau" et c'est bien comme ça que je le vois, n'en déplaise à quelques personnes par ailleurs qui semblent penser que quand même, non, on n'en est pas là.

        Ben si.

        Merci-bisou :)

      • Mardi 24 Novembre 2015 à 12:29

        Hey, Nikole, au fait, il n'y aurait pas une petite place de souris là où tu travailles ? ^^ Sérieusement...

    4
    Mardi 24 Novembre 2015 à 06:28

    Bonjour

    Ma fille (7 ans de moins que toi) a commencé à sauter le pas. Commencé parce qu'elle a assuré quelque peu ses arrières en assumant un mi-temps à l'Éducation Nationale tout en s'installant comme psychopraticienne (elle avait parallèlement à sa formation de prof de français fait des études de psy). Je ne la reconnais plus tant le moral est passé de très bas à très haut !

    Allez bon courage et bonne reflexion.

    Bises à toi

      • Mardi 24 Novembre 2015 à 09:29

        C'est super !

        Pareil, besoin d'assurer mes arrières et de me former à autre chose, j'ai bien une idée dont je vous parlerai.

        Très envie d'avoir le moral au plus haut yes

    5
    Mardi 24 Novembre 2015 à 16:19

    J'aimerais vraiment pourvoir te répondre oui, mais malheureusement non.
    Ce qu'il y a de disponible, souvent, ce sont des places de vacataires donnant des cours en langues étrangères ou en français, dans les facs en particulier, mais pour cela il faut avoir ... un travail : c'est illogique mais c'est ainsi ... c'est toujours une activité en sus.
    Cela dit, et par ailleurs, même si la masse des emplois diminue plutôt qu'elle n'augmente (les départs en retraite en sciences humaines ne sont pour la plupart pas remplacés), si tu veux entrer au CNRS, peut-être est-il possible de passer des concours qui te conviendraient, mais je suis si peu au fait de tout ce qui est administration et possibilités diverses que je ne saurais t'en dire plus).

      • Mardi 24 Novembre 2015 à 19:11

        Oui, j'écume certains sites pour voir les concours possibles à droite à gauche - le truc, c'est que présenter un concours n'augure pas de sa réussite et pour l'heure, fragilise ma démarche (bon, suis un peu perdue en ce moment !).

        Merci d'avoir pris le temps ! ♥

    6
    Mardi 24 Novembre 2015 à 22:55

    Il serait temps que l’Éducation Nationale comprenne !!!

    Et si tu commençais par un congé-formation ? Moins payé qu'un vrai salaire, mais permet de mettre la tête et le corps au repos, même si on étudie vraiment la matière choisie. J'en ai profité il y a plus de 20 ans, et ça m'a sauvé la vie. Je ne supportais plus mon administration, et je me crevais sur la route pour aller au boulot. Je me suis éclatée en fac d'espagnol pendant une année universitaire.

    Continue à étudier toutes les possibilités, mais repose aussi ta tête pendant cet arrêt-maladie. Va te balader avec Ursule. Et si tu veux voir la neige....

    Bises des montagnes

      • Mercredi 25 Novembre 2015 à 11:28

        Dans mon académie, et pour ma matière, il y a minimum 8 ans d'attente (plutôt 10) pour obtenir un congé formation (c'était un an ou deux en 2000...), sous réserve de ne pas louper une demande une année. Me concernant... je n'en ai jamais demandé, j'ai loupé le coche l'an dernier, et vu mes dispositions actuelles je ne pense pas le demander cette année, à quoi bon si c'est pour l'obtenir en 2025, voire 2030 ?...

        Pour étudier les possibilités, j'ai aussi besoin de rencontrer des gens au rectorat (médecin-conseil, Conseillère en Vie Professionnelle...) et c'est ubuesque - le récit viendra bientôt. Pour l'heure, une seule date, en attente d'une autre - je vais pas trop bouger hors du département tout de suite, mais je sais que je peux venir jouer dans la mousse à raser-chantilly, je t'en remercie !

    7
    Mercredi 25 Novembre 2015 à 08:58

    Pardon de revenir en arrière mais mon chéri me demandait si dans un premier temps, avant de quitter ce fonctionnariat(-là) qui est quand même une garantie de salaire, tu n'essayais pas d'être mutée dans une autre école, avec un autre conteste, une autre équipe etc. Tu me rétorqueras que partout il y aura les réformes, l'administration et les parents, et que peut-être je ne fais que déplacer ton problème et que tu n'en es plus là, certes, mais tu me sembles, :-) a priori, si bonne prof, attentive, créative et pédagogue, que 1 ce sera une perte, 2, j'ai peur, réellement, que qqc te manque, ou que tu t'éclates peu dans une autre structure (j'ai du mal à t'imaginer dans un bureau, et j'ai peur que tu ne t'y fasses royalement ch...)  Je ne veux en aucun cas te fragiliser dans ta décision, je te dis juste le petit vrac réflexif qui me vient à ton propos, valà ! ♥

      • Mercredi 25 Novembre 2015 à 11:34

        Non en effet, je n'en suis plus là...

        Et quand bien même je continue de dire que j'aime mon métier, les élèves et l'espace-temps d'un cours, je n'oublie pas que les intrusions en classe des pires aspects de la société moderne sont en augmentation et qu'il me devient très difficile de faire passer certaines valeurs (effort, ambition...).

        Un truc a attiré mon attention qui me permettrait de rester dans l'EN, au contact des élèves, et de rester créative - je vous en parle bientôt (j'essaie de rédiger dans l'ordre chronologique, avec un retard forcément).

        Merci Nikole de t'y pencher !

    8
    Mercredi 25 Novembre 2015 à 10:02

    Si j'ai tout bien compris, je pense que ce n'est pas l'Éducation Nationale qui te broie mais bien l'administration. J'ai travaillé quelques années dans une administration qui faisait du service public. Le salaire était modeste, les horaires élastiques, mais le travail demandé avait un sens (même si pas toujours celui que je souhaitais). De tout cela, il ne reste que l'administration qui aujourd'hui fait de l'administratif au lieu d'administrer. Les économies se noient dans des notes et des déplacements pour des concertations qui n'en sont plus et qui ne donnent rien, le service public a depuis longtemps disparu dans le millefeuille hiérarchique au profit des promotions internes et copinages intéressés qui sclérosent le système... l'informatique... les ressources humaines... la téléphonie... Bref, méfie-toi de l'administration et pas seulement de l'Éducation Nationale.

      • Mercredi 25 Novembre 2015 à 12:08

        Un peu difficile de répondre - j'ai quand même envie de dire que c'est bien l'enseignement qui me mine, à me mobiliser autant tout le temps. En classe, si ce n'est "que" 18 heures par semaine (20 pour moi cette année), c'est 100% de vigilance physique et mentale durant 55 minutes ; tu peux pas, face à une difficulté, te dire que tu vas faire une pause-café pour laisser décanter, tu ne peux pas déconnecter. De plus, si je continue de dire que j'aime mon métier, mes élèves et ce qu'il se passe en classe, je vois l'évolution de cet espace-temps : on "négocie" plus qu'avant avec les élèves pour obtenir quelque chose, et les pires travers de cette société qui ne me rend pas très heureuse font irruption en plein cours de plus en plus souvent.

        Puis tout le temps passé en amont et en aval : prépas, corrections, rectifications de tirs, voir des parents, remplir ProNote (cahier de texte, punitions données et déjà notées dans le carnet mais on doit les inscrire par informatique car seules ces traces-là sont prises en compte, saisie des notes...). Depuis la rentrée, je reçois minimum 3 courriels par jour en provenance du collège / des collègues / du rectorat / du ministère. Ceux des collègues sont à traiter en priorité (demande d'infos sur un élève ou une classe, collecte de remarques avant une réunion parents-profs, doc à remplir dans le cadre d'un PAP ou dossier en cours...). Ceux du collège sont des infos sur des réunions à venir, des documents à consulter, ou à remplir, mais aussi des rappels à l'ordre, des appels désespérés pour qu'on se porte volontaire pour ci, ça et mi...

        Ma colère dans ma 1ère réponse à toi visait plus l'administration, c'est vrai, mais ce dégoût, ce découragement du système administratif vient après tout le reste, et finit d'enfoncer le clou, ou d'achever la bête :)

        Vient ensuite une désespérance bien plus large à cause du "monde où on vit". Bon, ça, il est nécessaire que je parvienne à la "gérer" autrement car elle est susceptible de m'affecter quel que soit le job choisi. Quoique... je me sentirais peut-être plus libre d'agir enfin comme je l'entends, ou de prendre de la distance, avec un métier où je ne ramènerais pas sans cesse du taf à la maison.

        Viennent enfin mes propres défauts ! Ma tendance à me dévaloriser facilement, et ma procrastination.

        Tu vois, j'ai plusieurs aspects à prendre en compte dans la crise que je traverse :)

        Bien sûr que je dois me méfier de l'administration. Mais je peux peut-être trouver une niche, même au sein de l'EN, où elle me ferait moins de mal.

    9
    Mercredi 25 Novembre 2015 à 15:06

    Comme tu le dis à Sparfell, il y a en ce moment très peu de raisons d'être gai, même quand on est retraité :

    - COP21 dont on ne doit rien attendre, alors que notre planète va mal

    - TAFTA qui nous menace tous et dont les gouvernants refusent de parler

    - atteintes à la montagne chez moi avec des projets délirants pour le ski

    - conseils municipaux soumis eux aussi à la loi du fric

    - les attentats qui secouent le monde pour rajouter une bonne couche

    Forcément, quand on a conscience de tout ça, on va mal "en général" et on est plus fragile pour affronter le travail et ses à-côtés. J'ai connu des collègues qui faisaient leur nombre d'heures de présence, sans zèle. Carrière identique, voire meilleure car ils ne faisaient pas de vagues. Ils avaient (certainement inconsciemment) conscience que le système est tel qu'il est, et qu'il vaut mieux s'y fondre sans se poser de questions.

    Qu'est-ce qui est important ? Qu'on se sauve soi-même pour pouvoir sauver le monde. Tu fais bien de chercher ce que tu peux faire, d'en parler, de l'écrire.

    Dimanche, marche non-violente à Toulouse en marge de la COP21. J'y vais peut-être. ce genre de rassemblement est bon pour le moral, car on se sent moins seul... Je m'aperçois que nous vivons dans la même très grande région sans nom, mer et montagne réunies.

    Bonne fin de journée

     

      • Jeudi 26 Novembre 2015 à 12:28

        Pour moi, le terrorisme, les attentats récents et diverses réactions qui s'en sont suivies sont atrocement symptomatiques d'un monde malade : finances occultes, décisions politiques et contrats commerciaux à l'international davantage motivés par un système économique obsolète par son inhumanité, qui génère de la consommation de masse sans un minimum de quête de sens, de spiritualité. Les premiers frappés, et depuis longtemps, sont les secteurs vitaux de la culture, du soin médical, du social, de l'éducation..., des secteurs centraux pour la jeunesse d'un pays...

        (je croyais qu'on s'appelait l'Occitanie ? Y z'ont pas encore décidé ? Moi ça me va, l'Occitanie, c'est pas ronflant ni trop administratif)

    10
    Mercredi 2 Décembre 2015 à 21:52

    Juste pour te dire que j'ai lu beaucoup de tes derniers articles, je n'ai pas de mots pour l'instant alors, je laisse une trace fugace pour dire que je suis passée ... A plus tard.

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