Aaaaahhhh...
Publié le 25 Juin 2013
Voilà, nous y sommes, la sonnerie à 16 heures annoncera la fin des cours - une cérémonie de remise de récompenses aux élèves qui auront obtenu les Félicitations aux 3 trimestres (et aussi et surtout à ceux qui les auront eues tout au long des 4 années passées au collège) se tiendra jusqu'à 17h.
DRRRIINGG!!!!
Voilà, c'est fini, plus de bruit, plus de cris dans les couloirs.
Finie l'angoisse agacée
de prendre la 3è Kiki emplie de pervers manipulateurs qui t'auront pourri un groupe entier, et une année au point de t'obliger à ![]()
Fini l'enthousiasme joyeux de rejoindre les 4è Truc avec lesquels tu te régales, tu te bidonnes littéralement, tu bosses plein pot le sourire aux lèvres.
Finie la joie grandissante d'avoir vu les 4è Machin passer de la classe Tuyau d'Poêle à la classe Pas Mal du Tout où presque tout le monde s'est décidé à participer, même Jason le pseudo-loubard ou Morgane la fausse fée.
Finies les surprises de la 3è Chose qui joue au flipper avec toi, le Lundi c'est rigoletti, le Mardi on est rien que des pourris, le jeudi qu'est-ce qu'on est gentils et le Lundi suivant on est tous sur les rangs! Des gamins fins, énergiques, pleins de caractère ... et qui décidaient pour toi de la tournure des cours - champ de bataille, marche funèbre, brainstorming ou ...

Finis les vendredi matins et la 3è Boulet
jamais réveillée, pleine de gaminous pas grandis et de mauvais esprits aux jeux de mots douteux et à l'insulte facile ... pffff ... l'ennui de ne jamais rien, rien, voir progresser ... sauf la dernière semaine (POURQUOI????)
Finie la légèreté légèrement agaçante des 6è Zébulon - j'adore enseigner aux 6è, vous savez, on peut jouer, chanter, mimer, théâtraliser, danser, ils sont partants! (mais je ne pourrais pas enseigner en primaire, cherchez pas), les voir grandir au cours de l'année...
Finis ces moments rares où des élèves s'engueulent,
littéralement, sur un point de grammaire ou de vocabulaire en anglais, et jubiler dans son coin (puis, trancher telle une déesse,
bien sûr).
Finis ces moments poignants que je ne peux décrire en deux lignes, mais je me fais la promesse ici-même d'en faire parfois le récit - fêlures familiales, sociales, psychologiques, fêlures de "l'échec scolaire", panique de faillir, silence lancinant de ceux qui veulent tant être parfaits ....
Finis les jeux de mots, les blagues, les fous rires, les moments qui partent "en live".
Finies les colères, parfois monstrueuses, les leurs, les miennes - les miennes face à leurs mensonges quand ils se mentent à eux-mêmes, face à l'ennui, face au rien qu'ils cultivent parfois ... Les colères du "mauvais moment, mauvaise personne", les colères de l'humain quand la communication bloque - malgré les efforts -
...
Encore, je me fais la promesse de tenir - ici ou ailleurs - un véritable journal de cette marmite à bouillon des sentiments humains qu'est un collège, où presque tous les enjeux humains sont réunis, ceux des profs, ceux des élèves, ceux de l'administration - un truc ambitieux, irréalisable, une montagne infranchissable si tu y penses trop. Je n'y pense jamais trop! Je les aime, ces gamins. Je m'aime, oui, dans ce que j'essaye d'accomplir, bien et mal. Je l'aime, ce foutu métier...
Donne-moi ta main
Et prends la mienne
Bon, on reste pas les bras ballants, par exemple on va ...
Lulette?
Oui? 
25 juin 2013 | Quitter l'enseignement ? | Commenter