Prof : quelques chiffres 2013
Publié le 30 Août 2013
Parce que souvent d'autres le disent mieux que moi, je partage avec vous des extraits du dossier "PROF, un métier menacé" paru dans Télérama n°3320, du 31/08 au 06/09/2013.
"Privilégiés", qu'ils disent ...
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Toujours absents, toujours en vacances, assurés de leur emploi de fonctionnaires et d'un bon salaire ... prof, entend-on souvent, c'est une sinécure! Certes les enseignants ont la même durée de vacances que leurs élèves. Mais la Cour des comptes rappelle qu'ils sont payés 35% de moins que les autres cadres de la fonction publique de même niveau. Avec des inégalités entre les catégories, qui se creusent au fil de la carrière : un instituteur gagne 1800 euros net mensuels en début de carrière (comme un prof du secondaire), mais son salaire plafonne à 2400 au bout de trente ans, alors qu'un agrégé atteindra 4800 euros. Même discours sur le temps de travail, réputé très avantageux. Mais aux heures de classe - 25h30 dans le primaire, entre 15 et 18 heures dans le secondaire -, il faut ajouter le temps passé à préparer les cours, corriger les copies, se documenter, rencontrer les parents et remplir les tâches nouvelles - aide à l'orientation, recherche de stages pour les collégiens, tenue par les instituteurs et certains profs de collège des livrets de compétences ... |
Blues général
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D'après une enquête publiée en 2010 [un an avant l'immolation par le feu d'une enseignante à Béziers] le blues serait général : près d'un enseignant sur deux déclare en avoir assez de l'Éducation Nationale, un sur trois veut la quitter et 16% sont "incertains". L'épuisement professionnel ou "burn-out" n'épargne pas les profs, surtout les jeunes - un mal-être trop peu pris en charge, l'Éducation Nationale ne comptant que 70 médecins de prévention pour plus d'un million de salariés. |
Se réapproprier sa puissance d'agir ...
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... quitte à prendre des distances avec les injonctions extérieures qui cherchent à remodeler, voire formater le travail enseignant. "[...] Les profs sont les experts de leur métier. [...] C'est le métier qui est malade, pas eux! Le temps de la réflexion collective leur manque cruellement, car ils sont isolés et mis en concurrence par les nouvelles techniques managériales, pris dans le tourbillon des réunions, de la paperasse, de l'évaluationnite." |
Apaiser un monde enseignant déboussolé ...
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... c'était une des promesses phares de François Hollande, qui s'était d'abord engagé à en reconstituer les troupes, saignées à blanc sous le précédent quinquennat : 60000 postes seraient recréés d'ici à 2017. La campagne de recrutement a démarré tambour battant, grâce à une mesure inédite : ce n'est pas une mais deux sessions de concours qui ont été ouvertes. [...] Le ministère de Vincent Peillon a ratissé large, ouvrant le deuxième concours aux étudiants qui terminent leur première année de master, c'et-à-dire à bac+4. Reçus à l'écrit en juillet, ils passeront les oraux en juin 2014, après avoir bouclé leur seconde année de master. Dans l'intervalle, ils prendront en charge des classes sur la base d'un tiers-temps.1 Le pari du recrutement peut-il être tenu? Depuis plusieurs années, le nombre de candidats chute de manière dramatique. Des centaines de postes ne sont pas pourvus, particulièrement dans certaines matières, comme les mathématiques ou l'anglais. [...] Difficile de redorer le blason d'un métier réputé éprouvant, déconsidéré socialement. Le ministère affiche fièrement une hausse des inscrits aux concours, proportionnelle aux postes ouverts, et un nouveau vivier de 17000 nouveaux profs reçus ... sans dire que certains jurys de Capes ont dû descendre la barre à 6 de moyenne. |
1 - Pour compléter, tout titulaire d'un autre master peut se présenter au concours. C'est le cas d'Isidore mon stagiaire qui a plusieurs masters en droit, sciences politiques ; grâce à cela, il a eu le droit de se présenter aux écrits du Capes d'anglais et a été reçu. Ce faisant, son statut assez "bâtard" (mi-étudiant, mi-contractuel) fait qu'il pouvait accepter de 6 heures (tiers-temps) à 18h (plein temps) en classe : il a accepté les 9 heures dont mon collège avait besoin, mais certains de ses "camarades" dans la même situation ont pris des postes de 18 heures ...
Isidore est bien plus préoccupé par les oraux de 2014 que par ses classes et son travail (voir l'article précédent) car s'il est reçu, c'est tout bon pour lui. Il sait parfaitement que cette année, personne ne viendra lui casser les pieds sur sa "pédagogie" et ne le recalera au concours pour ça ...
> Un "vrai" stagiaire (lauréat du concours) est suivi par un tuteur qui rédigera un rapport, et sera visité une fois par un inspecteur, la combinaison des deux rapports présidant à sa titularisation, ou non, dans l'Éducation Nationale. Le tuteur a de réelles responsabilités et à ce titre touche une prime de 2000 euros - qui semble avoir été révisée à la baisse cette année (ce serait 1000 euros, mais je n'en sais pas plus)
> Mon "faux" stagiaire est suivi par un tuteur qui se "contente" de lui rendre visite en classe, lui donner des conseils et de l'accueillir dans sa classe pour des "observations", et ne recevra aucune visite d'évaluation. Considérant que le tuteur n'a pas de réelles responsabilités, l'Éducation Nationale lui octroie une prime de 400 euros. Dans tout ce schmilblick de statuts variés, tuteurs au rabais ... personne ne semble s'inquiéter du devenir des élèves qui passent une année entière entre les mains des Isidore.
11 novembre 2013 | Quitter l'enseignement ? | Commenter