*L'a craqué son slip!

Publié le 4 Janvier 2013

Ki ka kraké son slip ?

Moi …

J’ai entendu cette expression bizarre pour la première fois dans le spectacle de Gad Elmaleh (« L’autre, c’est moi ») et disons que c’est grâce au contexte, à la tronche de l’artiste au moment de la prononcer et le fait incontournable que j’étais pleinement consciente de regarder un one man show comique, que j’en ai quasi immédiatement saisi le sens…

C’est que ça n’est quand même pas hyper limpide, cette formule. Autant « perdre la boule » ou « péter un plomb« , voire « un câble« , sont bien imagées et toutes allusives à notre bonne vieille cervelle, centrale technique pleine de tuyaux, câbles, prises, connexions, capteurs, petits logiciels, programmes d’effacement, fichiers de stockage, virus, noeuds indémerdables …. Autant le slip me paraît franchement … comment dire …

décentré

Remarquez, c’est un gars qui la dit, en parlant d’un autre gars : « Il a craqué son slip« .
De là à rejoindre le bon vieux cliché du mec dont le cerveau se situe en-dessous de la ceinture … y’a qu’un tout petit fil de coton Dim ou Calvin Klein.
Ben j’ai eu confirmation ici, qui dit bien : « se dit de quelqu’un qui a perdu le contrôle de son cerveau ponctuellement« .
Donc SLIP = CERVEAU, donc … truc pour mecs …

Ou quoi … quand un garçon va pas bien … il se met un slip sur la tête?

Bref … cette formule continue de me rendre quelque peu perplexe …

Jusqu’à Lundi, où j’ai moi-même craqué mon slip.

En vrai.
In real life!

J’veux dire … j’enfilais mon slip quand j’ai entendu « crac » … et puis « CRAC » encore (ouais, deux fois!!)

Promis, juré, craché, je n’étais pas du tout en train de vérifier si moi aussi, je peux jouer à ce jeu débile de sauter pieds joints dans sa culotte.
Je n’étais pas non plus en plein délire de femme active qui fait sa gym tout en téléphonant et en s’habillant. Ouh que non …
Nan … Je ne m’étais pas trompée sur le sens d’enfilage du slip!! Pas cette fois …
J’étais pas non plus pressée (moins que d’habitude, en tout cas) au point de tirer hargneusement sur mes fringues.

Rien.                                                                                            
J’enfilais ma culotte tranquillement en gazouillant des « pom pom pom » tout fleuris (et ce malgré le très mauvais temps)                                     

Je l’ai immédiatement regardée avec suspicion, cette breloque de coton, genre : « T’es qui, toi? D’où tu sors? On se connaît?« . Ben vi, on se connaissait depuis quelques semaines déjà … Donc l’hypothèse qu’on m’ait refourgué un pitit 38 dans un lot de 45 est immédiatement tombée à l’eau.

Mince

C’était le mot!!

Je l’ai fixée méchamment : « Dis donc, toi, tu vas pas m’obliger à aller me  peser, non ?!! » (je fais-ais une expérience, je refuse-ais le diktat de la balance depuis des mois…)
Elle m’a regardé de ses deux petits trous tout neufs.
« Nan mais c’est vrai, quoi, les fêtes de fin d’année, c’était l’année dernière, depuis je remange normalement, pas possible que tu me fasses une faiblesse pareille! »
Elle était piteuse, la pauvre cotonnade bon marché, je vous le dis … M’a fait un peu pitié. Dans ma tentative de sauvetage (c’est-à-dire, en l’enlevant), elle a encore craqué, peuchérette !! Je ne suis pas orfèvre du fil et de l’aiguille, mais je vais tenter une opération de la dernière chance … C’est qu’elle est mignonne, cette coquine, figurez-vous!

Tout ça pour dire que cette expression, elle est plutôt vide de sens.
En tout cas, j’ai pas pété les plombs quand j’ai craqué mon slip.

Et ch’uis pas allée me peser non plus. (je n’ai rien craqué d’autre … y’a pas urgence, apparemment!!)

En revanche, s’il continue de pleuvoir deux fois par semaine (le truc impensable par ici)
Si mes nombreuses demandes de désabonnement de tous ces courriels publicitaires n’aboutissent pas …
Si certains distributeurs de pubs continuent d’ignorer mon petit autocollant « Je protège ma planète » sur ma boîte aux lettres …
Si je n’arrive pas à trouver autre chose que des pignons de pin « made in China » …
Si c’est sur MA tronche que doit naître le concept d’acné sénile …
….
….  je ne réponds plus des câblages, des boulons, de la cafetière, du citron … ni du textile.

Sinon, je suis cool, z’inquiétez pas …

Mais … pourquoi j’ai craqué mon slip!?!

 

 

11 janvier 2013 | Gaffes, bévues... | Commenter (11)

Rédigé par lulette

Publié dans #craquer slip, #expression, #privé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Je parle trrrrrès bien, stie ! Au fait, ça va dans les deux sens. Je me souviens que dans les pochettes des 33 de Renaud, il y avait un lexique afin que nous, pauvres colonisés, puissions comprendre ce qu'il racontait. Idem pour certains films françaos... sous-titrés en français.J'ai déjà croisé Bob et Bobette.Quant au groupe vocal féminin de jadis, Bobbettes, il y a une nuance avec ce double B. Cela venait de Bobb, c'est à dire la coiffure à la garçonne.
Répondre
L
En fait, jusqu'à ces dernières heures donc, je ne connaissais comme "bobette"  (avec un seul 'b') que le nom français de la bande dessinée du génial Willy Vandersteen (dessinateur belge flamand) : Bob et Bobette (en néerlandais Suske en Wiske). Donc rien à voir.<br /> Au passage, si vous ne connaissez pas cette BD, vous devez réparer cette erreur au plus tôt : c'est délicieux et totalement surréaliste par moments<br />  
Répondre
L
là : http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080602062210AA8qDHL
Répondre
L
Oh "décoder" ce que dit Mario (sur ses blogues) n'est pas trop dur, il parle un français relativement standard pour nous; mais je suis bien content d'avoir ce dico québécois quand même parce que certains textes de chansons, entre autres, ne sont pas toujours aussi faciles.<br /> Et, comme je l'ai dit, ça permet d'enrichir la langue. Déjà que je ne rétice (exemple) guère à néologiser ni à adopter des anglicismes quand ils ajoutent du sens, je ne vais certainement pas me gêner pour adopter des québécismes.<br /> @ Lulette :Où as-tu trouvé les sens de "bobettes" et "bobette" ?  Ca m'intéresse.<br />  
Répondre
L
Pour expliquer ma réponse "Je n'en suis pas une", c'est parce que je suis tombée sur un forum qui donnait l'explication de "bobettes" en québecois, et "bobette" (au singulier) en Suisse signifie "fille idiote, miss stupide".<br /> J'aime bien Be-Bop-A-Lulette :)<br /> Je me garde le dico de québécois sous le coude, histoire de décoder certains passages chez Mario!
Répondre