Miss Jones prof ...
Publié le 16 Juin 2013
À la faveur d'une bêtise toute fraîche de ce matin, je remonte trois autres souvenirs.
"Miss" Jones because j'enseigne l'English alors forcément, j'oblige les élèves à s'adresser à moi avec ce petit mot à la fois délicieusement désuet façon Miss Marple, terriblement ringard façon Miss France ou pire, Miss Camargue avec néanmoins ce petit quelque chose de doucement sexy des Fifties.
Ouais ... bref ... ils me causent en anglais, quoi.
Miss Jones pète un plomb
Ce matin, j'ai offert le breakfast à 3 classes - des élèves ont fait des cookies, des pancakes et apporté du sirop d'érable pour la partie nord-américaine (j'ai farouchement, voire furieusement refusé le Nutella, ça a failli tourner au pugilat mardi dernier tandis que nous listions les besoins), j'ai amené du thé, du lait, des muffins et de la marmelade, un pot au citron, un pot à l'orange.
Bien sûr, j'ai aussi amené la bouilloire électrique et le grille-pain pour légèrement griller les muffins, hein, sinon, c'est quand même drôlement moins delicious! J'ai même pensé à la prise multiple dont le fil est plus long que les appareils sus-mentionnés, et même que la prise multiple est du type sécurisé, avec interrupteur et tout et tout.
Les 3è et les 6è se sont régalés, ont bien voulu goûter la marmelade (disons que 46 élèves ont en tout consommé 3 cuillères à café et demi - j'ai plus qu'à m'empiffrer le reste, same old story), et les 4è n'ont eu droit qu'à l'horriblement appétissant fumet du pain grillé qui flottait dans la salle depuis deux heures puisque, tandis que je me lançais dans mon opération pizzaiola muffiniola, l'électricité sauta.
Il me fallut environ un tiers de minute pour comprendre que le grille-pain et moi-même en étions responsables.
Il me fallut le reste de la minute pour réaliser que tout le 2è étage n'avait plus de jus.
J'ai bêtement pensé que les services techniques s'en rendraient compte tout de suite. Ben non. C'est moi qui l'ai signalé en fin d'heure - et c'est là que décidément des fois, je suis pas maligne ... en mentionnant le grille-pain. Me suis fait engueuler. Pffff.
Miss Jones super prof : la chute (2003 ou 2004)
Emportée par mon enthousiasme en classe avec mes petits 5èmes préférés, je m'emmêle à la fois jambes, pieds et pieds de chaise, bats desespérément l’air de mes petits bras désormais tout musclés par le bricolage, et m’étale royalement à plat ventre, mais j'ai immédiatement opéré un preste retourné sur les fesses, c’était d’une extrême importance, c’était vital.. . Moi, j'aurais volontiers explosé de rire comme tous les gamins de la classe (le fou rire, je ne l’ai eu qu’au supermarché), mais c'est que je me suis fait mal. Alors j'ai ri jaune, j'ai dû rougir (c'est rare chez moi) et je me suis lancée dans toutes sortes de commentaires faussement légers. « Sauvée par le gong » (après « Boudu sauvée des eaux »), je me suis empressée de raconter ça à mes collègues à la cantine. Déjeuner très détendu, histoires de presque-chutes (ah, les estrades, ces traîtresses !), de grosse honte, tout ça.
Miss Jones super prof : la chute 2 (2005)
La porte de communication avec la salle de ma collègue ferme de plus en plus mal mais j'ai repéré le souci : il suffit de tirer d'un coup sec sur la poignée et d'entendre nettement le "clic" du penne dans le trou, the door is closed.
En plein cours, la porte se met à baîller (un courant d'air, sans doute). D'un ton très docte, j'explique à l'élève assis tout près l'astuce pour définitivement fermer cette porte. Rien n'y fait, le gamin m'a l'air plus qu'endormi ce matin-là. Un autre prend la relève, écoute sérieusement mon affaire de "clic" et tire sur la porte. Las ... ré-ouverture dans les 10 secondes.
C'te porte va pas me gaver longtemps ...
Je fonce, effectue tous les gestes techniques précédemment expliqués, d'un air supérieurement fiérot ... et me retrouve propulsée un mètre en arrière, atterrissant lourdement sur les cartables ... à plat dos ...... la poignée de la porte dans la main.
Je crois qu'en sciences, l'histoire se raconterait sous cette forme : e=1/2 mv2
Disons qu'en effet, je voulais faire VITE ... et BIEN.
Miss Jones remplit ses bulletins
C'était ma vraie première année, post-stage, à l'époque où l'on remplissait les bulletins dans les Kalamazoo* - immenses classeurs rectangulaires avec les bulletins en plusieurs couches, l'original et les carbones. Pour vous donner une idée de l'intensité lors d'une première année à temps plein, j'étais rentrée chez moi le soir des vacances de la Toussaint vers 17h, m'étais écroulée sur le canapé pour me réveiller des heures plus tard, totalement inconsciente du dîner, du programme télé, du chien, du chat, des discussions de la famille, pauvre famille attendrie qui se ratatina sur un petit canapé pour me laisser ronfler sereinement :)
Mais là,il s'agit de remplir les bulletins du 1er trimestre. Ce qui nous prenait un temps fou avant l'avènement des logiciels de gestion scolaire, parce qu'il ne fallait pas se louper! Stylo dans la bouche, air tour à tour concentré, rêveur, désabusé ou furibard, brouillon à côté, réféchir intensément à tout ce que l'on voudrait dire, repérer les mots-clés, tenter de les fourguer dans une phrase, maximum deux, drôlement bien tournée(s). Je ne sais plus si c'était mon premier classeur ou le dernier, mais heureusement que je me relis!
Malgré des capacités réelles et une bonne volonté en classe, les efforts ont été insuffisants ce weekend.
Panique à bord, matérialisation magique d'un blanco salvateur, réparation en 3 exemplaires.
Et énorme dodo le soir-même, un vendredi.
Depuis, je suis confrontée à un autre problème. La saisie se fait désormais par informatique ET j'ai un clavier tout pourri qui double certaines lettres et en saute d'autres. Je dois donc me relire plusieurs fois afin de m'assurer que je n'ai pas écrit quelque chose du genre : "Ça baise beaucoup top", "Tu as tous les touts pou progresser" et autres joyeusetés déjà oubliées!
J'ai hélas peu d'anecdotes car j'ai une mémoire de ![]()
* C'est apparemment tellement antique que je n'ai trouvé aucune image sur la toile! ![]()
21 juin 2013 | Gaffes, bévues... | Commenter (8)